Άλμπουμ:
Alcools (001) /1898-1913
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Ρουμανικά
Zone
À la fin tu es las de ce monde ancien
Bergère ô Tour Eiffel le troupeau des ponts bêle ce matin
Tu en as assez de vivre dans l’antiquité grecque et romaine
Ici même les automobiles ont l’air d’être anciennes
La religion seule est restée toute neuve la religion
Est restée simple comme les hangars de Port-Aviation
Seul en Europe tu n’es pas antique ô Christianisme
L’Européen le plus moderne c’est vous Pape Pie X
Et toi que les fenêtres observent la honte te retient
D’entrer dans une église et de t’y confesser ce matin
Tu lis les prospectus les catalogues les affiches qui chantent tout haut
Voilà la poésie ce matin et pour la prose il y a les journaux
Il y a les livraisons à 25 centimes pleines d’aventures policières
Portraits des grands hommes et mille titres divers
J’ai vu ce matin une jolie rue dont j’ai oublié le nom
Neuve et propre du soleil elle était le clairon
Les directeurs les ouvriers et les belles sténo-dactylographes
Du lundi matin au samedi soir quatre fois par jour y passent
Le matin par trois fois la sirène y gémit
Une cloche rageuse y aboie vers midi
Les inscriptions des enseignes et des murailles
Les plaques les avis à la façon des perroquets criaillent
J’aime la grâce de cette rue industrielle
Située à Paris entre la rue Aumont-Thiéville et l’avenue des Ternes
Voilà la jeune rue et tu n’es encore qu’un petit enfant
Ta mère ne t’habille que de bleu et de blanc
Tu es très pieux et avec le plus ancien de tes camarades René Dalize
Vous n’aimez rien tant que les pompes de l’Église
Il est neuf heures le gaz est baissé tout bleu vous sortez du dortoir en cachette
Vous priez toute la nuit dans la chapelle du collège
Tandis qu’éternelle et adorable profondeur améthyste
Tourne à jamais la flamboyante gloire du Christ
C’est le beau lys que tous nous cultivons
C’est la torche aux cheveux roux que n’éteint pas le vent
C’est le fils pâle et vermeil de la douloureuse mère
C’est l’arbre toujours touffu de toutes les prières
C’est la double potence de l’honneur et de l’éternité
C’est l’étoile à six branches
C’est Dieu qui meurt le vendredi et ressuscite le dimanche
C’est le Christ qui monte au ciel mieux que les aviateurs
Il détient le record du monde pour la hauteur
Pupille Christ de l’œil
Vingtième pupille des siècles il sait y faire
Et changé en oiseau ce siècle comme Jésus monte dans l’air
Les diables dans les abîmes lèvent la tête pour le regarder
Ils disent qu’il imite Simon Mage en Judée
Ils crient s’il sait voler qu’on l’appelle voleur
Les anges voltigent autour du joli voltigeur
Icare Enoch Elie Apollonius de Thyane
Flottent autour du premier aéroplane
Ils s’écartent parfois pour laisser passer ceux que transporte la Sainte-Eucharistie
Ces prêtres qui montent éternellement en élevant l’hostie
L’avion se pose enfin sans refermer les ailes
Le ciel s’emplit alors de millions d’hirondelles
À tire-d’aile viennent les corbeaux les faucons les hiboux
D’Afrique arrivent les ibis les flamands les marabouts
L’oiseau Roc célébré par les conteurs et les poètes
Plane tenant dans les serres le crâne d’Adam la première tête
L’aigle fond de l’horizon en poussant un grand cri
Et d’Amérique vient le petit colibri
De Chine sont venus les pihis longs et souples
Qui n’ont qu’une seule aile et qui volent par couples
Puis voici la colombe esprit immaculé
Qu’escortent l’oiseau-lyre et le paon ocellé
Le phénix ce bûcher qui soi-même s’engendre
Un instant voile tout de son ardente cendre
Les sirènes laissant les périlleux détroits
Arrivent en chantant bellement toutes trois
Et tous aigle phénix et pihis de la Chine
Fraternisent avec la volante machine
Maintenant tu marches dans Paris tout seul parmi la foule
Des troupeaux d’autobus mugissants près de toi roulent
L’angoisse de l’amour te serre le gosier
Comme si tu ne devais jamais plus être aimé
Si tu vivais dans l’ancien temps tu entrerais dans un monastère
Vous avez honte quand vous vous surprenez à dire une prière
Tu te moques de toi et comme le feu de l’Enfer ton rire pétille
Les étincelles de ton rire dorent le fond de ta vie
C’est un tableau pendu dans un sombre musée
Et quelquefois tu vas le regarder de près
Aujourd’hui tu marches dans Paris les femmes sont ensanglantées
C’était et je voudrais ne pas m’en souvenir c’était au déclin de la beauté
Entourée de flammes ferventes Notre-Dame m’a regardé à Chartres
Le sang de votre Sacré Cœur m’a inondé à Montmartre
Je suis malade d’ouïr les paroles bienheureuses
L’amour dont je souffre est une maladie honteuse
Et l’image qui te possède te fait survivre dans l’insomnie et dans l’angoisse
C’est toujours près de toi cette image qui passe
Maintenant tu es au bord de la Méditerranée
Sous les citronniers qui sont en fleur toute l’année
Avec tes amis tu te promènes en barque
L’un est Nissard il y a un Mentonasque et deux Turbiasques
Nous regardons avec effroi les poulpes des profondeurs
Et parmi les algues nagent les poissons images du Sauveur
Tu es dans le jardin d’une auberge aux environs de Prague
Tu te sens tout heureux une rose est sur la table
Et tu observes au lieu d’écrire ton conte en prose
La cétoine qui dort dans le cœur de la rose
Épouvanté tu te vois dessiné dans les agates de Saint-Vit
Tu étais triste à mourir le jour où tu t’y vis
Tu ressembles au Lazare affolé par le jour
Les aiguilles de l’horloge du quartier juif vont à rebours
Et tu recules aussi dans ta vie lentement
En montant au Hradchin et le soir en écoutant
Dans les tavernes chanter des chansons tchèques
Te voici à Marseille au milieu des Pastèques
Te voici à Coblence à l’hôtel du Géant
Te voici à Rome assis sous un néflier du Japon
Te voici à Amsterdam avec une jeune fille que tu trouves belle et qui est laide
Elle doit se marier avec un étudiant de Leyde
On y loue des chambres en latin Cubicula locanda
Je m’en souviens j’y ai passé trois jours et autant à Gouda
Tu es à Paris chez le juge d’instruction
Comme un criminel on te met en état d’arrestation
Tu as fait de douloureux et de joyeux voyages
Avant de t’apercevoir du mensonge et de l’âge
Tu as souffert de l’amour à vingt et à trente ans
J’ai vécu comme un fou et j’ai perdu mon temps
Tu n’oses plus regarder tes mains et à tous moments je voudrais sangloter
Sur toi sur celle que j’aime sur tout ce qui t’a épouvanté
Tu regardes les yeux pleins de larmes ces pauvres émigrants
Ils croient en Dieu ils prient les femmes allaitent des enfants
Ils emplissent de leur odeur le hall de la gare Saint-Lazare
Ils ont foi dans leur étoile comme les rois-mages
Ils espèrent gagner de l’argent dans l’Argentine
Et revenir dans leur pays après avoir fait fortune
Une famille transporte un édredon rouge comme vous transportez votre cœur
Cet édredon et nos rêves sont aussi irréels
Quelques-uns de ces émigrants restent ici et se logent
Rue des Rosiers ou rue des Écouffes dans des bouges
Je les ai vus souvent le soir ils prennent l’air dans la rue
Et se déplacent rarement comme les pièces aux échecs
Il y a surtout des Juifs leurs femmes portent perruque
Elles restent assises exsangues au fond des boutiques
Tu es debout devant le zinc d’un bar crapuleux
Tu prends un café à deux sous parmi les malheureux
Tu es la nuit dans un grand restaurant
Ces femmes ne sont pas méchantes elles ont des soucis cependant
Toutes même la plus laide a fait souffrir son amant
Elle est la fille d’un sergent de ville de Jersey
Ses mains que je n’avais pas vues sont dures et gercées
J’ai une pitié immense pour les coutures de son ventre
J’humilie maintenant à une pauvre fille au rire horrible ma bouche
Tu es seul le matin va venir
Les laitiers font tinter leurs bidons dans les rues
La nuit s’éloigne ainsi qu’une belle Métive
C’est Ferdine la fausse ou Léa l’attentive
Et tu bois cet alcool brûlant comme ta vie
Ta vie que tu bois comme une eau-de-vie
Tu marches vers Auteuil tu veux aller chez toi à pied
Dormir parmi tes fétiches d’Océanie et de Guinée
Ils sont des Christ d’une autre forme et d’une autre croyance
Ce sont les Christ inférieurs des obscures espérances
Adieu Adieu
Soleil cou coupé
Zonă
De lumea aceasta cea veche-n sfârşit eşti sătul
Păstorule o Turn Eiffel în zori behăie turma de poduri destul
Tu te-ai săturat să trăieşti în antichitatea romană şi greacă
Vechi până şi automobilele-aici pot să treacă
A rămas doar religia nouă şi simplă aşa
Ca hangarele din Port-Aviation singură ea
În Europa doar tu nu ai Creştinismule antichitate
Dintre europeni dumneata Papa Pius al X-lea
Iar tu te reţii de ruşine pândit de fereşti
Să intri-n biserică în dimineaţa aceasta şi să te spovedeşti
Citeşti cataloage prospecte afişe ce urlă în gura mare
Iată poezia acestei dimineţi pentru proză există ziare
Există livrări de 25 de centime gemând de poliţiste-aventuri
Portrete de mari oameni sub titluri diverse lecturi
Azi dimineaţă-am văzut o simpatică stradă dar numele i l-am uitat
Ca trâmbiţă soarelui nouă era şi gătită curat
Muncitorii directorii şi frumoasele steno-dactilografe
De luni dimineaţa şi până sâmbătă seara de patru ori zilnic o străbat
Aici de trei ore dimineaţa sirena se vaietă
Latră un clopot coleric aici spre amiază
Inscripţiile de pe ziduri şi firme
Avizele plăcile ca papagalii tot ţipă să se afirme
Îmi place mult graţia străzii acesteia industriale
Dintre rue Aumont-Thieville şi avenue de Ternes la Paris
Iată tânăra stradă ţi tu eşti doar un copilandru
Pe care-l îmbracă maică-ta-n alb şi albastru
Eşti foarte pios şi ca lui Rene Dalize prietenul tău cel mai vechi lui şi ţie
Mai drag decât fastul Bisericii nu poate nimic să vă fie
E ora nouă se-aprind felinarele din dormitor voi ieşiţi pe ascuns
Vă rugaţi toată noaptea-n capela colegiului
Pe când profunzime-adorabilă şi veşnică de ametist
Se-nvârte de-a pururea gloria strălucitoare-a lui Crist
E splendidul crin pe care noi toţi îl sădim în pământ
E torţa cu părul de purpură ce nu se stinge în vânt
E fiul cel palid şi rumen al mamei prea îndurerate
E pomul stufos totdeauna de rugile toate
E stâlpul cel dublu de cinste şi eternitate
E steaua cu şase ramuri spre glie
E Dumnezeul ce vinerea moare şi duminica-nvie
E Cristul ce urcă la cer decât aviatorii mai bine
În lume recordu-nălţimii-l deţine
Pupilă - al ochiului Crist
A douăzecea pupilă a veacurilor el se descurcă
Şi-n văzduh ca Isus acest veac preschimbat într-o pasăre urcă
Demonii capu-şi ridică din hăuri de-aceea
Ei spun că-l imită pe Simon Magul din Iudeea
Şi ţipă că dacă el ştie să fure să-i spună că-i fur
Îngerii zboară frumosului zburător împrejur
Icar Enoh Ilie Apolloniu din Tiana
În jurul primului aeroplan îşi amplifică goana
Şi uneori depărtându-se-i lasă să treacă pe cei ce duc Sfânta Cuminecătură
Aceşti preoţi ce urcă etern înălţând azima pură
Avionul coboară-n sfârşit făr' a-nchide aripile suple
Cerul atunci de milioane de rândunele se umple
Corbi şoimi bufniţe vin scuturându-şi aripile-acu
Vin din Africa 'ibişi flamingi marabu
Pasărea Roc de poeţi şi povestitori celebrată
În gheare cu craniul lui Adam primul cap se arată
Acvila se năpusteşte din zări scoţând ţipete şi
De prin Americi vine micuţa colibri
Din China iată pihii cu trupul lung şi suplu
Ce au doar o aripă şi care zboară-n cuplu
Columba-apoi cast spirit urmând-o multă vreme
Pasărea-liră mândrul păun cu ochi pe pene
Şi fenix rugu-acesta din sine renăscând
Cenuşa şi-o aşterne o clipă pe pământ
Sirenele plecând din periculoase chei
Sosesc cu minunatul lor cântec toate trei
Şi acvile şi fenicşi şi pihii de prin China
Fraternizează iată în zboruri cu maşina
Singur tu umbli acum în Paris prin mulţime
Cu mugete turme de autobuze trec foarte aproape de tine
Te strânge neliniştea dragostei de beregată
De parcă n-ar mai trebui să fii tu iubit niciodată
Dacă-n vechime-ai trăit într-o mănăstire tu te-ai îngropa rupt de lume
Vă este ruşine când vă surprindeţi spunând o rugăciune
De tine-ţi baţi joc şi ca focul Infernului râsu-ţi sclipeşte pe faţă
Scânteile lui auresc în esenţă întreaga ta viaţă
E un tablou ce-atârnă într-un obscur muzeu
Şi uneori de-aproape să-l vezi nu-ţi este greu
Azi umbli-n Paris şi femeile-s însângerate din plin
Era de nu mi-aş aduce aminte era frumuseţea-n declin
Încinsă-n văpăi m-a privit Notre-Dame la Chartres
Sângele de Sacre-Coeur m-a inundat în Montmartre
Prea fericitele vorbe m-au îmbolnăvit să le-ascult
Un rău ruşinos e iubirea de care sufăr de mult
Şi obsedanta imagine şi în nelinişte şi-n insomnie în viaţă te ţine
Imaginea asta ce trece-i mereu lângă tine
Pe ţărmul Mediteranei tu umbli acum
Pe sub lămâi tot anul în floare şi dulce parfum
Cu prietenii-n barcă te plimbi tu aci
Din Menton este unul din Nisa un altul şi doi din Turbie
Cu groază privim adâncimi caracatiţele lor
Şi peştii înoată printre alge imagini de Mântuitor
Eşti la un han în grădină pe-aproape de Praga
Te simţi fericit şi o roză-i pe masă ea draga
Şi-n loc ca povestea-ţi în proză s-o scrii urmăreşti după plac
În inima rozei cum doarme un verde gândac
Cu spaimă te vezi desenat în Saint-Veit în agate
Când aici te-ai văzut te-a cuprins o tristeţe de moarte
Tu semeni cu Lazăr înnebunit de lumina vivace
Orologiul din cartierul evreilor merge cu inverse ace
Alene şi tu de-a-ndărătelea-n viaţă o iei
Urcând către Hradchin şi seara-ascultând de-obicei
Cântece cehe-n taverne în care te pierzi
Iată-te-apoi la Marsilia iar printre pepenii verzi
La Koblenz în hotelul numit La Gigant tu te vezi
Iată-te la Roma sub un moşmon japonez
Iată-te la Amsterdam cu-o fetişcană urâtă pe care frumoasă-o crezi tu
Şi căreia mâna un student din Leyda-i ceru
Sunt camere de-nhiriat Cubicula locanda pe latineşte niţel
Ştiu asta căci trei zile acolo am stat şi la Gouda la fel
Eşti la Paris în anchetă şi-acest
Judecător ca pe un criminal te şi pune sub stare de-arest
Ai făcut dureroase şi vesele călătorii
Până ce de minciună şi vârstă să ştii
Ai suferit de iubire la douăzeci şi la treizeci de ani
Ca un nebun am trăit irosindu-mi tot timpul în van
La mâinile tale nici nu mai cutez să mă uit şi să plâng îmi tot vine
Pentru cea adorată atât pentru tot ce te-a-nspăimântat pentru tine
Cu ochi plini de lacrimi priveşti emigranţii aceştia săraci
Cred în Dumnezeu şi se roagă femeile-alăptează sugaci
Sala gării Saint-Lazare cu duhoare-o umplu-n sfârşit
În steaua lor cred precum magii de la Răsărit
Speră ca în Argentina mulţi bani să câştige
Şi să se întoarcă în patrie după ce-or face avere
O familie cară o plapumă roşie-ntocmai cum inima voi vi-o căraţi
Plapuma asta şi visele noastre sunt tot ireale
Unii rămân pe aicea să se aciuiască
Pe rue des Rosiers sau rue des Ecouffes în vreo chichineaţă
I-am văzut seara adesea ieşind să ia puţin aer pe stradă
Se deplasează arareori ca nişte piese de şah
Sunt mai cu seamă evrei femeile lor poartă peruci
Zac cadaverice-n fund de dughene ca nişte năluci
Într-un bar desfrânat în picioare tu lângă tejghea
Bei printre nenorociţii aceştia de două parale-o cafea
Te afli noaptea într-un faimos restaurant
Nu-s rele aceste femei pentru ele e totul presant
Toate şi cea mai urâtă-l rănesc pe amant
Ea e din Jersey fiică de-agent de poliţie iată
Mâna pe care eu nu i-am văzut-o e aspră crăpată
Până la lacrimi mi-e milă de cicatricea de pe pântecul ei
Îmi umilesc iată gura pe fata sărmană cu râsul ei groaznic
Eşti singur dimineaţa va veni
Lăptarii fac să-şi sune bidoanele pe străzi
Se-ndepărtează noaptea ca splendida Metivă
E Lea cea atentă Ferdina cea parşivă
Ăsta alcool fierbinte ca pe-a ta viaţă-l bei
Viaţa-ţi ce-o bei ca pe un rachiu din obicei
Mergi înspre Auteuil acasă pe jos să ajungi ţi-e strădania
Să dormi printre idolii tăi din Guineea şi-Oceania
Sunt Crişti de-un alt fel şi de-o altă credinţă
Sunt Crişti ordinari de obscure speranţe-n fiinţă
Adio Adio
Soare gât retezat

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Σχόλια συντάκτη:
Traducerea de Mihail Nemeş







